Les Oiseaux hardis de la Tour Jean Sans Peur

Sans crainte d’un quelconque prédateur, deux oiseaux hardis volètent gaiement autour de la tour Jean Sans Peur, pour venir se poser sur les branches d’un arbre accueillant. Tour du Moyen-Âge, la Tour Jean Sans Peur est également le dernier vestige de l’hôtel de Bourgogne, un des premiers théâtre de Paris sous l’Ancien Régime, décrit dans la pièce Cyrano de Bergerac. Ses comédiens ont ensuite formé en partie la première troupe de la Comédie-Française.

Une tour médiévale à Paris

Erigée entre 1409 et 1411 par Jean de Bourgogne, duc de Bourgogne dit « Jean Sans Peur » (fils de Philippe II le Hardi), la tour Jean Sans Peur est un beau témoignage de l’architecture du Moyen-Âge. Située rue Etienne Marcel, dans le 2ème arrondissement, à proximité du jardin des Halles et de l’église Saint-Eustache, la tour Jean Sans Peur s’élève à 21 mètres. Construite en pierre, elle est dotée de plusieurs baies ogivales mais aussi de machicoulis, afin de se protéger des attaques de la guerre civile qui oppose Jean Sans Peur aux Armagnacs, alliés de la Famille d’Orléans.

Une voûte végétale dans la Tour Jean Sans Peur

L’intérieur de la tour Jean Sans Peur se visite sur 5 niveaux, grâce à un escalier à vis remarquable. A la base, des salles d’expositions proposent des éclairages sur la tour et la vie au Moyen-Âge. Au milieu, une salle haute, ouverte par des trois grandes baies, a pour rôle d’élever les étages supérieurs. Au sommet, on trouve deux chambres décorées de vitraux aux armes de Jean Sans Peur, et la charpente. On retiendra une superbe voûte végétale sculptée, taillée dans du liais, calcaire pur et solide, représentant des branches de chêne, du houblon et des rameaux d’aubépine, tous trois des représentations figurées d’un membre de la famille de Bourgogne.

Ultime vestige de l’Hôtel de Bourgogne, un des plus anciens théâtres de Paris

S’il ne reste plus que la tour aujourd’hui, c’est tout un palais, l’hôtel de Bourgogne, qui occupait l’espace autour de l’édifice, sur 1 hectare, englobant l’espace délimité par les actuelles rues Saint-Denis, Montorgueil, Tiquetonne et Mauconseil. En 1548, une séparation en plusieurs lots voit l’acquisition d’une partie de l’Hôtel de Bourgogne par La Confrérie de la passion, corporation dramatique née au Moyen-Âge, et la construction d’un théâtre, un des principaux à ce moment là. On trouve notamment une description de l’Hôtel de Bourgogne dans la pièce de Rostand, Cyrano de Bergerac, dans laquelle l’intrigue débute :

« La salle de l’Hôtel de Bourgogne, en 1640. Sorte de hangar de jeu de paume aménagé et embelli pour des représentations. La salle est un carré long (…). Le rideau est formé par deux tapisseries qui peuvent s’écarter. Au-dessus du manteau d’Arlequin, les armes royales. On descend de l’estrade dans la salle par de larges marches. De chaque côté de ces marches, la place des violons. Rampe de chandelles(…). »

Un peu plus d’un siècle plus tard, en 1680, les principales troupes de la capitale, la troupe de l’Hôtel de Bourgogne, et la troupe de l’Hôtel de Guénégaud, dite troupe de Molière, sont réunis et forment la Comédie-Française.

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