Case n°2 à la Fontaine des Innocents

Au fond, sur la gauche, une femme, chargée de cabas, rentre chez elle après avoir effectué ses achats de première nécessité, conformément à la case n°2 de l’attestation de déplacement dérogatoire. Au centre, la fontaine des Innocents, asséchée, se dresse, solitaire. A la fin du XVIIIème, la fontaine est au centre d’un marché, non loin des de l’emplacement des Halles Balthard, décor d’une œuvre de Zola, construites mi-XIXème.

Une fontaine dressée au centre de Paris depuis plus de quatre siècles

Située dans le quartier des Halles, la fontaine des Innocents date de 1649. Commandée par Henry IV, elle est l’œuvre à la fois du sculpteur Jean Goujon et de l’architecte Pierre Lescot, et d’ajouts au XVIIIème siècle, par le sculpteur Augustin Pajou. Actuellement dotée de quatre arcades, la fontaine en comportait trois à l’origine, la quatrième étant de Pajou. Chaque face comporte deux sculptures représentant des nymphes ou des naïades, vêtues de voiles légers, soit huit au total, dont trois de Pajou. Les nymphes sont accompagnées d’un pot d’eau pour représenter le liquide nourricier et environnées, en bas-relief, de scènes issues de la mythologie évoquant des sources. Un jet, au centre, propulse de l’eau en hauteur, qui vient s’écouler sur quatre ensembles de marches arrondies, pour être récupérée par un bassin circulaire entourant la fontaine.

La fontaine hydrate le « ventre de Paris »

A partir de la fin des années 1780, la fontaine est au centre d’un marché, plutôt légumier, le marché des Innocents, comme on peut le voir sur un tableau de John-James Chalon, Le Marché et la Fontaine des Innocents, peint en 1822. Au fil des années, le marché grossit de plus en plus, jusqu’à devenir trop encombré. Parallèlement, les halles centrales, qui existentent depuis le Moyen-Âge, s’étendent également. Au milieu du XIXème siècle, l’architecte Victor Balthard entame la construction d’un gigantesque marché structuré, les Halles Balthard, un ensemble de douze pavillons et de 40.000 m² de commerces, décor de l’œuvre de Zola, Le Ventre de Paris. On y suit Florent, un jeune instituteur émeutier réchappé du bagne qui trouve un emploi aux Halles grâce à un membre de sa famille qui y tient une charcuterie.

Les Halles, un quartier aux tables renommées

Indissociable de l’histoire de son marché, le quartier des Halles foisonne de bistrots, brasseries et restaurants en tous genre, du plus classique au plus novateur, parisien ou régional, du plus traditionnel aux saveurs du mondes les plus variées qu’elles viennent de Chine, d’Inde, du Vietnam, de Thaïlande, du Mexique, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Hors-confinement, on peut y manger à toute heure du jour ou de la nuit, comme au Tambour, rue Montmartre. Célèbre établissement, le Pied de Cochon a vu défiler nombre de célébrités tandis que Le Chien qui Fume est le lieu d’une rencontre avec une belle inconnue pour André Breton, dans son poème Tournesol :

(…) »Au Chien qui fume
Où venaient d’entrer le pour et le contre
La jeune femme ne pouvait être vue d’eux que mal et de biais
Avais-je affaire à l’ambassadrice du salpêtre
Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée (…) »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :