Les poèmes du Jardin du Palais Royal

Encadré par deux arbres, un banc surgit d’un tapis de feuilles mordoré. Sur son dossier, on peut lire « Elle meurt de mort lointaine, l’amoureuse du vent », extrait d’un poème d’Alejandra Pizarnik, issu du recueil « Arbre de Diane ». Au premier plan, sur la droite, une feuille, recourbée et récalcitrante, est échouée sur le sol.

Dix-huit bancs-poèmes disséminés dans le jardin du Palais Royal

Sur une initiative nommée « Dentelles d’Eternité » du sculpteur québécois Michel Goulet, des bancs-poèmes parsèment les allées du jardin du Palais Royal depuis février 2019.

bancs du jardin de Palais Royal

Sur chaque banc-poème est inscrite une citation, courte, sur une ligne, gravée au laser sur la planche servant de dossier au banc. On déambule ainsi entre « Un arbre secoué par le rire lâche ses fruits et ses oiseaux » et « Aujourd’hui c’est demain et hier qui s’épousent » de Jean Cocteau ou « Ce lieu déborde de vie, surtout à la pointe du jour et au coucher des oiseaux » et « Je ne cesserai d’éclore que pour cesser de vivre » de Colette. Parmi les plus beaux, « Un secret a toujours la forme d’une oreille« , de Jean Cocteau est situé dans l’allée ouest. Au total, ce sont dix-huit bancs poèmes disséminées dans les allées du jardin.

Des chaises poèmes en 2016

L’œuvre « Dentelles d’Eternité » met en valeur plusieurs citations de Colette et Cocteau, qui ont vécu et écrit au Jardin du Palais Royal, mais également d’autres poètes, parmi lesquels Tristan Tzara, Andrée Chédid, Stéphane Mallarmé ou Alejandra Pizarnik. Pour ce projet, Michel Goulet a travaillé avec François Massut, fondateur du collectif « Poésie is not dead« , qui a organisé un festival de « street poésie » aux Buttes-Chaumont en 2015 . Ces bancs poèmes rejoignent dix chaises poèmes, « Les confidents« , installées en 2016 au jardin du Palais Royal, par le même sculpteur, où l’on retrouve notamment les poètes Baudelaire, Verlaine, Éluard et Rimbaud.

Des initiatives similaires ailleurs en France et dans le monde

En 2011, Michel Goulet a lancé une initiative similaire de dix-huit chaises poèmes, nommées « Alchimie des Ailleurs » à Charleville-Mézières, ville de Rimbaud, ainsi que quarante chaises poèmes, « Les espaces du dedans » au Québec entre 2014 et 2016. Le sculpteur a reçu de nombreux prix dans sa démarche artistique comme le Prix Paul Émile-Borduas, plus haute distinction accordée à un artiste en arts visuels décerné par le Québec, mais aussi pour ses apports à la scénographie. Il a ainsi collaboré notamment, en 2011, à la scénographie d’Agamemnon, de Sénèque Le Jeune, à la Comédie-Française.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :