Le skateur de la Samaritaine

Devant la façade de la Samaritaine, rue de la Monnaie, un jeune homme teste quelques tricks sur un skate. Son pantalon, d’une couleur brune orangée, fait écho à la mosaïque et aux laves émaillées style Art nouveau du magasin.

Un magasin fondé dans la seconde moitié du XIXème siècle

Aujourd’hui filiale du groupe LVMH, la Samaritaine a été fondée en 1870 par le couple Cognacq-Jay. C’est à l’aide de sa femme, Louise Jay, alors première vendeuse au Bon Marché, qu’Ernest Cognacq, commerçant parisien, créé un des premiers grands magasins de Paris. D’un style alliant Art Nouveau et Art Déco, par les architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage, la structure s’intègre dans le décor haussmannien qui se développe dans la seconde moitié du XIXème siècle. Situé de manière très centrale, rue de Rivoli, à proximité du Louvre et surtout des halles Balthard, marché alimentaire sur l’emplacement actuel du forum des Halles, le magasin comble une clientèle parisienne grâce au principe novateur de prix fixes affichés et la possibilité d’essayer les vêtements.

Le nom choisi, la Samaritaine, est tiré d’une pompe hydraulique située dans une corbeille sur le Pont Neuf tout proche, où le jeune Ernest Cognacq, camelot tout juste arrivé à Paris, aurait installé son premier stand. A noter que l’homme, philanthrope et collectionneur d’art, a légué une importante collection d’œuvres du XVIIIème siècle à la ville de Paris, comme des toiles de Rembrandt, ou Vigée Lebrun, que l’on retrouve aujourd’hui au musée Cognacq-Jay, dans le Marais.

Un projet architectural ambitieux pour la nouvelle Samaritaine

D’un investissement de 750 millions d’euros, le projet comprendra, outre le centre commercial, un ensemble de bureaux, et un hôtel de luxe, le Cheval Blanc, doté de chambres avec vue sur la Seine et l’île de la Cité, mais aussi des logements sociaux sur la rue de l’arbre-sec (côté ouest). Confié à l’agence japonaise Sanaa, titulaire du prix Pritzker en 2010, le projet architectural comprend un élément très intéressant en la création d’un passage public au sein du bâtiment, reliant la rue de Rivoli et la Seine, et bénéficiant de la lumière de la verrière, qui coiffe le bâtiment. L’escalier monumental de la Samaritaine, style Art nouveau, et orné de feuilles de marronniers, bénéficie également d’une rénovation.

La façade rue de Rivoli adopte une dynamique ondulée, qui distille le rythme des fenêtres. tandis que la façade sur la rue de la Monnaie (côté est), retrouve de belles couleurs pour sa mosaïque et ses laves émaillées et s’ouvre sur un espace accessible aux piétons. Ces transformations ont pour objectif de « créer un lien » entre la rue de Rivoli et la Seine, conclue Kazuyo Sejima, architecte principale de l’agence Sanaa, dans une intervention au pavillon de l’Arsenal. Initialement prévue en avril 2020, la réouverture a été reportée, étant donné le contexte sanitaire, à février 2021.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :